Des solutions alternatives pour protéger nos cultures : le projet SA'IRA démarre
Aujourd’hui, La Réunion atteint près de 70 % de souveraineté alimentaire, avec une production de plus de 99 000 tonnes de fruits et légumes par an. Les différentes cultures fruitières et légumières sont cependant sujettes à de nombreux ravageurs. Les dégâts qu’ils produisent sur les cultures engendrent des pertes économiques et des coûts de traitement importants pour nos agriculteurs réunionnais. La lutte contre les ravageurs est un défi majeur pour notre île qui doit trouver des solutions. Ces solutions deviennent d’autant plus urgentes à cause du retrait potentiel de substances actives constituant certains produits phytosanitaires.
Démarrage du projet SA'IRA
Face au désarroi de certaines filières, qui ne disposent actuellement d’aucune solution lorsque le retrait de certaines substances sera effectif, un projet a été construit afin d’apporter des réponses opérationnelles à nos agriculteurs. Porté par l’Armeflhor et financé par FranceAgriMer dans le cadre du PARSADA, le projet SA’IRA mutualise les compétences du Cirad, organisme de recherche, de l’Arifel, l’interprofession fruits et légumes, et de La Coccinelle, une biofabrique locale d’auxiliaires.
L’objectif du projet SA’IRA est de trouver des Solutions Alternatives et Intégrées contre les Ravageurs des cultures de diversification à La Réunion, face au potentiel retrait de substances actives. Débuté en mai 2025, le projet SA’IRA dispose de cinq ans pour identifier des solutions opérationnelles et adaptées aux spécificités de La Réunion, afin de proposer des alternatives viables tout en accompagnant la transition écologique de l’île.
La première étape du projet a permis de définir les premières cultures, ravageurs et substances menacées pour lesquels des solutions vont être explorées. Les deux modes de production en pleine terre ou en hors-sol, avec ou sans abris sont pris en compte dans le projet, car ils ne sont pas confrontés aux mêmes problématiques.
Les problématiques abordées dans le projet
Les problématiques abordées dans le projet
Bien que, du côté de la recherche, des solutions ponctuelles aient déjà été explorées ou restent encore à développer, le projet SA’IRA souhaite agir sur la totalité du cycle de culture et des ravageurs associés. Ainsi, c’est surtout la combinaison de différentes solutions alternatives de protection des cultures qui est mise en avant dans le projet.
Cependant, du côté des agriculteurs, on constate que peu d’entre eux utilisent, ou même connaissent, les solutions alternatives aux produits chimiques. Ils expriment des doutes quant à la faisabilité et surtout à la rentabilité de ces méthodes, ce qui met en évidence un besoin important d’accompagnement pour favoriser l’adoption de pratiques agroécologiques sur l’île.
De plus, certains ravageurs ne possèdent aucunes solutions de lutte disponible. C’est le cas des fourmis, dont l’impact et les dégâts sont très peu référencés à La Réunion mais qui apportent des nuisances et des pertes économiques parfois conséquentes pour des cultures variées. L’approfondissement des connaissances de leur fonctionnement est donc une clé pour explorer des solutions de gestion, très attendues de la part de la profession agricole.
La stratégie du projet repose donc sur ces trois constats : approfondir les connaissances sur les fourmis ravageurs pour évaluer des stratégies de gestion, développer des combinaisons de solutions alternatives et démontrer leur efficacité auprès des agriculteurs. Le projet SA’IRA s’est donc développé autour de ces 3 actions techniques, accompagnées d’une action de pilotage et de valorisation des résultats.
Objectifs des actions techniques
Action 1
L’Action 1 a pour objectif l’approfondissement des connaissances sur les fourmis qui ravagent les cultures afin d’évaluer des stratégies de gestion. Elle cible spécifiquement les cultures ayant des dégâts directs en allant directement chez les agriculteurs au travers d’un réseau de parcelles, pour recenser les espèces de fourmis présentes et les dégâts associées aux cultures, spatialement et temporellement. Ces données ont pour objectifs de mieux comprendre le fonctionnement des fourmis afin de proposer et d’évaluer des stratégies ou des solutions de gestion.
Action 2
L’action 2 a pour objectif l’évaluation de l’efficacité de combinaisons de leviers de protection mises en place sur des cultures de diversification en pleine terre ou en hors sol sous abris. Les combinaisons de leviers sont formalisées à travers une approche systémique où des règles de décisions régissent les seuils d’intervention et les actions à faire en fonction de la quantité de ravageur et du moment du cycle de la culture.
Pour être validées, ces combinaisons doivent apporter un niveau de protection sur la totalité du cycle de culture et permettre d’atteindre la triple performance : économique (rentabilité et viabilité), sociale (faisabilité et charge de travail) et environnementale (sans utilisation de produits à base de substances actives vouées à disparaître du marché, et avec un recours minimal aux autres produits chimiques).
L’action 2 porte également sur l’optimisation d’un levier alternatif : la production d’auxiliaires de cultures à La Réunion. Pour répondre aux besoins grandissant du territoire, les processus d’élevage des auxiliaires sont maximisés, les conditions de lâchers sont optimisées et la gamme d’auxiliaires est développée.
Action 3
L’action 3 a pour objectif de déployer les solutions directement chez les producteurs engagés dans le projet, au travers de fermes pilotes, pour lever leurs doutes en démontrant la rentabilité et la faisabilité de ces méthodes dans leurs conditions de production. Les producteurs sont également formés pour être autonomes dans les nouvelles pratiques des solutions alternatives proposées.
L’action 3 porte également sur l’évaluation technique et économique de la protection biologique intégrées (PBI) dans les cultures en hors sol sous abris pour comparer les coûts face aux systèmes de production conventionnelle et lever les doutes sur la rentabilité. Une étude de faisabilité d’une valorisation de la démarche de production sous abri en PBI sera évaluée pour augmenter les revenus des agriculteurs et sensibiliser les consommateurs.
Un démarrage du projet effectif
Le projet a débuté ses premières actions techniques entre le premier et le deuxième semestre 2025. Chaque partenaire a pris en main ses missions et les échanges avec les agriculteurs et les professionnels du monde agricoles sont en cours.
Quatre premières fermes pilotes ont été lancées en 2025, et une quinzaine sont prévues au cours de l’année 2026. Des formations, des visites de fermes ou encore des réunions de bord de champ sont programmés tout au long du projet afin de diffuser les résultats obtenus. Alors que le retrait effectif des substances actives approche, le transfert de ces combinaisons de méthodes de protection des cultures devient aujourd’hui une nécessité pour nos producteurs réunionnais.
Cheffe de projet : Toulassi Nurbel
Pour toute question ou demande d’information, n’hésitez pas à contacter la coordinatrice du projet :
Lucie Marquereau
📧 lucie.marquereau@armeflhor.fr
📞 06 92 11 15 50